Dans son livre Spirale de violence, paru en 1970, Dom Hélder Câmara distinguait trois formes de violence qui s’enchaînent et alimentent une spirale. Archevêque d’Olinda et Recife, au Brésil, engagé auprès des pauvres et opposant à la répression de la dictature militaire, il défendait une transformation des structures sociales par la non-violence active. Sa pensée s’enracinait dans le christianisme, et son engagement fit de lui l’une des figures inspiratrices de la théologie de la libération. La première violence est institutionnelle. Souvent invisible parce qu’inscrite dans le fonctionnement ordinaire de la société, elle réside dans les structures économiques et sociales qui entretiennent l’injustice, la …
Le grand retour de l’État et de l’intérêt général
Les temps sont loin où Madame Margaret Thatcher a pu dire : „There is no such thing as society“ (la société n'existe pas)[1]. Un minuscule virus nous rappelle une évidence. Les hommes et les femmes ne peuvent exister et s’épanouir sur cette planète qu‘en s‘intégrant solidairement dans une communauté. Ce rappel peut être bénéfique, alors que les défis du changement climatique exigeront de l’humanité des efforts collectifs beaucoup plus grands que ceux qui nous sont demandés aujourd’hui. L’intérêt général doit primer l’intérêt particulier Dans un état de crise tel que nous le vivons actuellement les réalités rattrapent vite les constructions culturelles et idéologiques du néolibéralisme. Ainsi depuis …

